Home / News / Bukavu : Rescapée de l’incendie de Nyamulagira, une mère de six enfants reconstruit sa vie à partir des décombres

Bukavu : Rescapée de l’incendie de Nyamulagira, une mère de six enfants reconstruit sa vie à partir des décombres

Par Joëlle KUJIRABWINJA

Dans le quartier Nyamulagira, dans la ville de Bukavu, une scène bouleversante mais pleine de courage attire les regards : celle de Madame Nabintu Esther, mère de six enfants, rescapée de l’incendie dévastateur qui a réduit son quartier en cendres.
Aujourd’hui, elle vit dans une maison qu’elle a reconstruite avec des matériaux récupérés parmi les débris du sinistre — des planches calcinées, des tôles tordues, tout ce qu’elle a pu sauver pour abriter sa famille.

« Après l’incendie, personne n’est vraiment venue nous aider, à part quelques amis et membres de la famille. Parfois, ils nous donnaient un peu d’argent, parfois quelques planches ou tôles pour nous aider à revivre », confie-t-elle, les yeux humides mais la voix ferme.

Assise près d’une bassine d’eau, elle lave les quelques vêtements épargnés par les flammes. Autour d’elle, ses enfants, silencieux mais souriants, s’habillent de tenues offertes par des chrétiens de différentes églises.

« La robe que porte ma dernière fille vient d’un don du Shirika catholique. Ils circulent dans les quartiers pour distribuer des habits collectés dans les paroisses. Sans eux, mes enfants n’auraient presque rien à se mettre », raconte Nabintu, reconnaissante.

Malgré la perte totale de ses biens, Nabintu refuse de céder au désespoir. Déterminée à rebâtir, elle s’est tournée vers une AVEC (Association Villageoise d’Épargne et de Crédit) pour emprunter une petite somme d’argent et relancer un modeste commerce.

« J’ai recommencé à vendre un peu de riz et d’huile. C’est petit, mais cela me permet de nourrir mes enfants et de garder espoir », explique-t-elle.

Son histoire est celle d’une résilience ordinaire mais exemplaire, d’une femme qui, sans attendre l’aide des autorités, a choisi de se relever seule — symbole d’un courage féminin souvent invisible dans les crises urbaines.

Dans les ruines de Nyamulagira, la maison de Nabintu Esther se dresse désormais comme un témoignage vivant de dignité et de volonté de survie, rappelant que même dans la cendre, la vie peut recommencer.

Étiquetté :

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *